Marco d’Agostin

Saga

Mettre à l’épreuve la notion de famille, c’est le projet de Saga imaginé par le chorégraphe italien Marco d’Agostin. Imaginer d’autres façons d’habiter le monde ensemble et le faire à partir des corps, du chant et de la danse, sont au cœur de cette pièce sur le temps et ses urgences.
Prenant appui sur l’anthropologie, en particulier les recherches qui se consacrent à la parentèle, Marco d’Agostin s’intéresse à ce qui fait famille. Non pas pour les histoires qui la fondent mais plutôt pour ses catégories, en particulier animales et humaines, ainsi que les façons dont elles se composent, s’ajustent et se dissolvent. De ses investigations, le chorégraphe semble avoir retenu certaines observations : « La parentèle est une catégorie sauvage, que beaucoup essaient de domestiquer, car elle innerve profondément les relations interpersonnelles de la vie et de l’expérience ». Et si la danse faisait partie de ces actes, qui construisent des liens de famille autre que la généalogie ? Des actions comme manger ou travailler ensemble, faire résidence commune ou impliquant d’autres types de partage : don, magie, langage, mémoire. C’est en recréant une sorte de famille composée de cinq interprètes, que Marco d’Agostin imagine Saga. En collaboration avec l’artiste visuelle Paola Villani, il crée un paysage singulier et chorégraphie un autre système de vivre ensemble. Érosion du temps entre présent et présences, chants et mouvements bâtissent peu à peu une fresque vivante, sorte de rituel secret qui interroge poétiquement nos valeurs et comportements.