Festival EXTRADANSE

Jeremy Nedd
& Impilo Mapantsula

The Ecstatic

Du rythme à la prière, The Ecstatic s’empare de la virtuosité des corps en croisant deux pratiques sociales et religieuses. Le pantsula d’Afrique du Sud et le Praise break pentecôtiste afro-américain. Entre tradition et modernité, un nouvel espace s’ouvre pour accueillir les gestes et questionner la danse, ses fonctions rituelles dans nos sociétés.
En langue zoulou, Pantsula signifie « se dandiner comme des canards ». La danse du même nom, née en Afrique du Sud, se caractérise par des frappes de pieds effrénées, des séquences de pas déclinées en micro rythmes aussi complexes que variés, des jeux de jambe virtuoses et une incroyable énergie. Portée par la jeunesse défavorisée des townships de Johannesburg, ce mouvement social et contestataire s’est développé durant l’apartheid donnant lieu à une culture qui s’exprime à travers ses codes vestimentaires, la musique et une certaine philosophie de vie. Quant au Praise break, qui a bercé l’enfance de Jeremy Nedd originaire de Brooklyn, ce mode de louange, point culminant des offices de l’Église pentecôtiste, combine avec exubérance danse, musique et voix. Avec les artistes d’Impilo Mapantsula, organisation sud-africaine qui développe l’héritage du pantsula, le chorégraphe s’est engagé dans cette création collective et vibrante. Sur scène, maniant vitesse et ralenti, états de corps extrêmes ou recueillis, The Ecstatic propose un étonnant mixage de danses et de musiques, tour à tour superposées, décomposées ou réagencées. Les six danseurs creusent des brèches dans le temps, ménagent des pauses entre deux séquences rythmiques. Ces breaks répétés ouvrent un autre espace, singulier, à l’écoute de la rencontre.