En résidence à Pôle Sud pour concocter le répertoire de cette création originale, Print, quartet né en 1997 sur lequel plane la figure tutélaire de Steve Coleman et son collectif M-Base, nous réserve à n’en pas douter une soirée pleine de surprises. Organique et en renouvellement constant, la musique de cette formation à l’orchestration aventureuse (saxo alto, saxo ténor, basse, batterie) et à la forte identité collective ne laisse jamais en repos : riche et fluide, pleine d’énergie contrôlée, elle met en œuvre des structures polyrythmiques complexes, fondées sur l’impair, le déséquilibre, les harmonies équivoques, les rebonds et ruptures, les asymétries poétiques. Un travail centré sur le temps qui développe rythmes et vitesses en un “continuum volcanique”, selon les mots du groupe lui-même, formule qui résume bien cette coulée musicale - avec brusques déclivités, soudaines élévations et courants telluriques - qui dessine un captivant relief dans le paysage mouvant du jazz actuel. Assumant les scories autant que les pépites, les voix des deux saxophones explorent des mélodies en friche tandis que la rythmique déploie derrière eux des grooves aussi terriens que complexes. Un jazz à la fois obsessionnel et radieux qui laissera, forcément, une forte impression…