Antonello Salis, Paolo Angeli et Hamid Drake
©Andrea Boccalini
Antonello Salis, Paolo Angeli et Hamid Drake
©Andrea Boccalini

Hamid Drake

musicien

Hamid Drake est né le 3 aout 1955 à Monroe en Louisiane. Percussionniste, il est depuis le début de sa carrière associé à la scène jazz de Chicago, emblématique pour ses musiciens très à l'aise dans la fusion des genres. C'est ainsi en incorporant des rythmes africains, cubains et indiens à son jeu jazz qu'il devient célèbre aux Etats Unis au tout début des années 1980 en jouant aux cotés du saxophoniste Fred Anderson. Avec ce dernier, également originaire de Monroe et exilé à Chicago, il se produira souvent au Velvet Lounge, club de Chicago, appartenant à Anderson.
Avant cela, à la fin des années 1970, Drake fonde le groupe The Mandigo Griot Society avec le joueur de Kora d'origine guinéenne Foday Musa Suso, le bassiste Joe Thomas et le percussionniste Adam Rudolph. Le groupe accueillera, sur son premier album, le grand trompettiste Don Cherry.
Puis, un nouvel attrait pour le free jazz va amener Hamid Drake à accompagner les meilleurs souffleurs contemporains, comme le saxophoniste allemand Peter Brötzmann (sur une dizaine d'albums) le saxophoniste Ken Vandermark, tous deux adeptes d'un jeu basé sur l'émotion brute et l'énergie, ou bien Archie Shepp, David Murray et surtout le contrebassiste William Parker avec qui il collabore depuis les années 1990. Au milieu des années 2000, il rejoint le groupe IsWhat ? mêlant free jazz et hip-hop.
En tant que membre hyperactif de la scène de Chicago, il n'est pas surprenant que Drake ce soit intéressé au rock, post-rock et rock expérimental. Ses expériences dans ce domaine sont tout aussi notoires. Il a joué avec Jeff Parker, guitariste du groupe Tortoise, et en 2003, il a collaboré à un album du groupe Painkiller, dont le leader n'est autre que John Zorn (sur cet album enregistré live on retrouve aussi les inclassables Bill Laswell à la basse et Mike Patton au chant).
Aussi expert derrière une batterie qu'avec un frame drum (grand tambour souple qui se joue aux doigts), aux tablâs (percussions indiennes) ou aux congas, l'éclectique Hamid Drake entretient également un rapport très fort à la spiritualité. Sur ses albums en tant que leader, Drake est aussi chanteur. Un chant proche des incantations bouddhistes qui incitent à la transe. On retrouve cette facette du musicien sur les albums enregistrés avec son groupe Bindu (albums Bindu en 2005 et Blissfull en 2008).
Dernièrement, la carrière d'Hamid Drake s'est rapprochée du jazz européen. Le percussionniste est depuis 2010 apparu aux cotés du musicien hongrois Mihály Dresch ou de l'italien Pasquale Mirra.