Fanny de Chaillé

© Marc Domage

Fanny de Chaillé
et Pierre Alferi

Résidence

Pierre Alferi, écrivain, fait une scène à Fanny de Chaillé, chorégraphe. Les rôles sont a priori répartis : à lui d'écrire, à elle de mettre en scène. Seulement, comme ses premières amours à elle étaient la poésie sonore, elle va vouloir se mêler du texte, c'est sûr. Et comme lui a horreur de la diction théâtrâle, il est capable de lire et de prétendre la diriger.
Le mécanisme de la scène, dès qu'on s'entre-commande, est fatal. Ce qu'on s'y dit importe peu comparé aux postures qu'on prend et qu'on tente de faire prendre à l'autre. D'abord, le duo infernal ne va donc garder d'un dialogue que l'échafaudage pragmatique : mots, expressions, interjections, tournures, inflexions surtout, inflexions qui sont l'analogue des zigzags d'une lame dans un duel au fleuret, où c'est le/la plus méchant/e qui touche.
Ensuite, ils vont tout de même se dire des choses, mais génériques, comme on s'en dit dans toute scène pourvu qu'elle dure un peu. Ils le feront donc par périphrases, définitions, griefs conceptuels, variétés d'énoncés très creux, mais d'une nocivité prouvée. De toute façon, ce que dira chacun, il l'aura lu sur le corps de l'autre, placardé, tracé d'avance dans sa propre écriture, pour lui interdire de trop jouer.
Enfin, eh bien enfin on n'en sait rien, mais on devine qu'entre l'écrivain en tutu et la chorégraphe au clavier, le temps de trois ou quatre dates, ça risque de bien mal tourner.

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