Cie Blicke
Les sept jupons
© Roberto Valente
Cie Blicke
Les sept jupons
© Roberto Valente
Cie Blicke
Les jupons envolés
© Roberto Valente

Virginia Heinen
et Enrico Tedde 

Résidence

Point de départ
L’idée de réaliser une création pour jeune public germe dans nos têtes depuis plusieurs années. C’est une toute première expérience pour nous sur ce terrain. Et pour cela, nous avons décidé d’y aller par étapes en réalisant d’abord une maquette de la création "Les sept jupons". Nous nous appuyons sur une histoire préexistante. Le conte" Les sept jupons" de Pekka Vuori va être notre support de travail pour la création.
Pour la saison 2013/2014 nous allons élaborer une « maquette » de la création pour jeune public Les sept jupons qui verra le jour dans sa version intégrale sur la saison suivante. La maquette va avoir une durée de 30 minutes environ. La création des costumes, de la lumière, de la scénorgaphie ainsi que des projections vidéo va être réalisée pendant la deuxième étape de création. Tout le long de la première phase de notre recherche et du processus de création (la maquette) nous allons présenter le travail en cours au public dans les différents lieux qui nous accueillent et nous accompagnent. La création sera aussi accompagnée par des projets de « danse à l’école » autour du conte "Les sept jupons" de Pekka Vuori. Le projet naviguera entre la narration de l’histoire et l’abstraction (par la forme contemporaine que nous donnons au projet, surtout par la danse).
 
L’histoire du conte en bref
La grand-mère célèbre le fait de laver et d’étendre son linge comme un événement, qu’elle accompagne en chantant des chansons et en racontant des contes à ses petits enfants, Primula et Milù, qui sont venus lui rendre visite. C’est l’histoire de l’aube du monde et de la semence de la vie qu’elle leur raconte : « quand le monde était au matin et tout apparaissait tout petit… ». Sur la ligne de linge, ses sept jupons étendus aux couleurs de l’arc en ciel sont emportés par le vent d’une forte tempête qui les éparpille à travers le monde. Les deux enfants vont alors prendre la route, en quête des jupons perdus...
 
Les sept jupons - Un conte sur la vie
Le conte de Pekka Vuori offre d’infinies possibilités de réflexion, ingrédients indispensables pour nourrir le processus créatif.
La structure porteuse du conte donne la possibilité de voyager entre l’immense valeur de la grand-mère (qui apparaît dans le prologue comme une femme aux géantes dimensions, bien ancrée dans son contexte quotidien, et qui représente donc l’environnement familial protecteur) et les images qu’elle incarne et révèle durant toute l’histoire.
Les éléments de la nature comme l’air, l’eau, la terre, le feu et aussi le bois, le cycle des quatre saisons scandées par les couleurs, accompagnent un voyage interculturel et intergénérationnel des deux enfants protagonistes du contes. À travers les jupons qu’ils retrouvent un après l’autre, la grand-mère est omniprésente. Dans leur imaginaire elle devient parachutiste, marin, chasseur, tente, maison, nourriture, protectrice. Ils rient le nez vers le ciel, accompagnés d’un arc en ciel parlant qui s’exprime avec ses couleurs et qui scande le changement de la lumière et de l’émotion, de la chaleur et de l’espace.
Le sentiment de la paix est interrompu soudainement et remplacé par celui de la peur, le courage devient insouciance... Les deux enfants sont confrontés à la métamorphose. Il s’agit aussi, donc, d’une histoire de passage à l’indépendance, du passage de l’enfance à l’adolescence.
Les enfants deviennent adolescents : les images ordonnées de leur vie, les sept jupons de la grand-mère et l’arc-en-ciel, se dispersent et s’éparpillent sur la terre entière, emportés par le vent. Ils doivent alors partir à la recherche d’un nouvel ordre des valeurs protectrices. Dans cette nouvelle étape de leur vie, il faudra se réapproprier de ce qui semble
perdu avec l’enfance. Les rêves d’enfance n’ont plus la même place, leurs repères changent.
Primula et Milù ont toujours le sentiment que, pour accomplir l’expérience de la vie et la construction de soi-même, il leur manque quelque chose (le dernier jupon). Et cette ultime chose leur apparaît comme une récompense.
 
Procédé de travail
Le texte du livre veut être un support de travail, une source d’inspiration et un point de départ. Les grandes lignes de l’histoire et son contenu général seront tout de même respectés. Par le biais de l’improvisation nous allons procéder à l’écriture du prologue et de chacun des sept tableaux.
La danse sera écrite à partir des différentes qualités de mouvement en lien avec les éléments de la nature ; qualité de mouvement aquatique/liquide, léger/emporté, terrien, vif. Les émotions seront traduites corporellement. L’interaction avec la musicienne est également un support important à l’écriture chorégraphique. Dans le Prologue, la figure de la grand-mère sera représentée sur scène comme une géante, et ses 7 jupons superposés seront des simples tissus des couleurs de l’arc en ciel, faciles à transformer et métamorphoser. À l’aide d’une machine à vent nous envisageons de créer à la fin du prologue ce moment de chaos. Puis les sept tableaux se succéderont comme un voyage où chacun sera distinctement différent de l’autre, sans négliger les transitions, bien sûr : autres couleurs, autres émotions, autres qualités de danse, autres éléments scéniques,…
Il s’agira d’un spectacle très visuel aussi : des projections vidéos (intégrées dans la deuxième partie de la création) créeront les différentes ambiances des chacun des tableaux. Cette fable offre d’infinies sources de réflexion : notre souhait est de créer une oeuvre artistique capable de raconter la fable par l’interaction de la danse, de la musique sur scène, de la vidéo et des objets scénographiques afin que scène et salle puissent partager un même voyage.

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